CATALOGUE RAISONNÉ DE L'ESTAMPE DE ANNA-EVA BERGMAN

Editeur : Fondation Hartung Bergman
Reconnue d’utilité publique par décret du 16 février 1994
Le Champ des Oliviers 173, chemin du Valbosquet
F-06600 Antibes
T/+33(0)4.93.33.45.92 F/+33(0)4.93.33.27.33
www.fondationhartungbergman.fr
©fondationhartungbergman | 2016

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l'artiste

1925

1927

1928

1955

1957

1987

Lacourière

1952

1953

1954

1955

Lacourière et Frélaut

1958

1978

Jean Pons

1952

Atelier Patris

1957

Erker-Presse

1963

1967

1973

1974

1976

Atelier Henri Baviera

1967

Henri Goetz

1968

F. Xaver Leipold Lithographische

1967

1968

1970

Mourlot

1970

1971

1972

Gustavo Gili

1976

Arnera

1979

Imprimerie du Compagnonnage

1967



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Termes généraux

 

Estampe : empreinte à l'encre sur un support souple comme le papier, ce terme générique désigne toute image multipliable obtenue par tirage à partir d'un support gravé, tel qu'une planche en bois, une plaque de métal (cuivre, zinc), une pierre lithographique et à toutes les techniques : gravure sur bois, taille-douce, lithographie.
On parle d'estampe originale lorsque l'artiste réalise lui-même la matrice, autrement on parle d'estampe de reproduction ou d'interprétation.

Encrage : opération qui consiste à déposer l'encre sur la plaque, avec un rouleau, une raclette ou au tampon, appelé aussi « balle ». Elle est exécutée sur les reliefs pour le bois, soit dans les creux pour la taille-douce, soit sur les parties grasses pour la lithographie, soit à travers les partie laissées ouvertes pour la sérigraphie. On enlève l'excédent d'encre à l'aide de tarlatane ou de mousseline raide, c'est l'étape de l'essuyage qui est achevée par le « paumage » (en passant la paume de la main) sur la plaque. Ensuite, on procède au tirage.

Poupée : procédé d'encrage manuel dans l'impression des gravures en creux en couleur. Ainsi, on peut déposer différentes couleurs sur une même plaque.

Épreuve imprimée ou planche : exemplaire d'une estampe obtenu à partir du support gravé ou lithographié. Elles sont les premiers tirages d'une œuvre imprimée.

Bon à tirer annoté B.A.T. ou B à T : sur une épreuve d'essai dont la qualité donne satisfaction, l'artiste note « bon à tirer » et signe, ainsi l'imprimeur se conforme à ce modèle pour les tirages.

Épreuve d'artiste annotée EA ou ea : n'appartient pas au tirage numéroté, elle est destinée à l'artiste.

Épreuve d'état annotée parfois État : étape dans le tirage avant modification. Chaque correction ou changement apporté, même minime, fait passer l'estampe d'un état à un autre, numéroté ainsi 1er état, 2e état, etc.

Épreuve d'essai : de tirage ou de couleur.

Épreuve annotée : comporte des annotations manuscrites

Tirage : impression de la planche gravée ou lithographiée à l'aide d'une presse.Il indique le nombre d'exemplaires réalisés à partir d'une même matrice.

Justification ou numérotation : énumération complète d’un tirage. Inscription sur chaque estampe de son classement et de son rang, en général à gauche, par exemple : 1/20 ou I/XX, elle atteste le nombre d'épreuves imprimées.

Signature : de l’artiste, en général, à droite.

Quand ces deux conditions (justification et signature) sont réunies, on parle d’épreuves justifiées ou numérotées et signées.

Hors commerce : appellation qui comprend plusieurs types de publications non mises dans le commerce, ce peut-être un tirage limité réservé aux collaborateurs ou aux amis de l'artiste et du graveur.

Timbre sec : empreinte sur papier réalisée à partir d'une pince à main ou d'une presse de bureau, c'est une technique de gaufrage personnalisable qui induit une appartenance et indique en conséquence la provenance de l’œuvre.


Les Papiers

Vergé : papier ancien fabriqué « à la forme », à partir de fibres végétales (lin, chanvre) ou de fibres textiles (chiffons). Sa caractéristique est une trame irrégulière de lignes croisées, les « vergeures » et les « pontuseaux ». Cette trame, due aux fils de laiton tendus où sèche la pâte à papier, se lit en transparence.

Papiers orientaux : le papier Chine, très mince, léger, à la couleur ivoire ou grisâtre, à l’aspect plus mat que le papier Japon ; le papier Japon, soyeux, nacré, jaune clair ou gris.
 
Vélin : papier régulier et relativement lisse. C’est un papier moderne ou mécanique fabriqué à partir de pâte à bois.

Le Filigrane : marque de fabrique des moulins à papier et plus tard des papetiers et de certains éditeurs. Il se lit en transparence, il est un moyen de datation et d'identification.


Les Techniques

La gravure en taille-douce

Regroupe les procédés de gravure en creux sur métal ou tout support dur.

L'eau-forte : sur une plaque polie, épointée, cirée puis lavée et dégraissée et enfin recouverte de vernis, le graveur dessine son motif à l'aide d'une pointe en acier, d’un stylet, aux formes variées, fichée dans un manche en bois. Puis la plaque est plongée dans un mélange d'acide nitrique (acqua-fortis) ou un sel (chlorure ferrique) qui attaque le métal mis à nu par le tracé de l'outil pointu et les endroits laissés découverts, c'est l'étape de la « morsure », plus ou moins prolongée selon l'intensité des noirs souhaités. La plaque est ensuite dévernie, encrée, essuyée et tirée sous presse.

La pointe sèche : sur une plaque de cuivre ou d'acier, l'artiste dessine sur la plaque avec une tige d'acier, plus ou moins dure, finement aiguisée. Il existe plusieurs modèles selon les tailles souhaitées. Cet outil, en creusant, laisse de part et d'autre du trait, ce qu'on appelle des « barbes », qui lui donnent un aspect frangé et flou ; suivant l'effet voulu, l'artiste peut les conserver, les atténuer ou les supprimer, dans ce cas, c'est « l'ébarbage ».

L'aquatinte : la plaque est saupoudrée de petits grains de résine ou de bitume qui, en chauffant, adhérent à la plaque que l'on plonge dans un bain d'acide. L'acide mord le métal aux endroits non protégés, entre les grains de résine. Suivant la grosseur des grains et le temps de morsure, on obtient des valeurs plus ou moins foncées, des effets de masses nuancées, des teintes aux densités variées. L'aquatinte se rapproche d'un lavis ou d'une aquarelle, d'ailleurs, à l'origine, ce procédé est nommé « gravure en manière de lavis ». L’« aquatinte au sucre » en est une variante moderne.

Le burin : est un outil formé d'une fine lame d'acier trempé, montée dans un manche en bois. Le bec est taillé en biseau mais peut avoir une section carrée, losangée, triangulaire, etc. Le burin exige une grande habilité, il permet d'obtenir des différences de tons qui varient en fonction de l'intensité d’un tracé rigoureux. Devenu une technique à part entière, on reconnaîtra une gravure au burin par un relief formé par l’estampage des tailles, un relief fortement marqué. Ce qui permet surtout de caractériser le burin, c’est la netteté des traits de son dessin, par différence avec l’aspect plus crayonné de l’eau-forte et de la pointe sèche. C’est la pression de la main qui détermine la densité du trait, une taille profonde permettra d’obtenir à l’impression un noir intense, alors qu’une éraflure donnera un gris.

D’autres outils peuvent être utilisés

L’échoppe rayée ou vélo : sorte de burin à plusieurs dents permettant de graver des hachures parallèles d’un seul geste.

Le brunissoir : outil en acier à lame aplatie et arrondie. En enlevant du métal, le burin génère des copeaux et des crêtes qui sont retirées en totalité à l'aide du brunissoir.

La roulette, la boucharde, le papier émeri ou toile émeri... : tout outil qui raye, griffe, laisse une empreinte en creusant.

Carborundum : technique découverte et mise au point par Henri Goetz (1909-1989), il fait paraître un livre sur son procédé, en 1969 aux éditions Maeght.
Siliciure de carbone ou poudre de Carborundum utilisée comme abrasif que l'on fait adhérer sur la plaque afin de créer un grain qui retient l'encre à l'impression. Lors du processus d'impression, la plaque peut être recouverte d'un mélange de polyester, de plâtre ou d'autres matériaux. Le papier humide et pressé sur la plaque donne aux gravures différents effets de matière.


La gravure sur bois ou xylographie

Regroupe les procédés de la « gravure en relief ou de taille d'épargne ». La matrice en bois est creusée de manière à isoler les lignes, à épargner le dessin le laissant ainsi en relief, c'est le « détourage », puis à retirer les parties qui doivent rester blanches à l'impression, c'est le « champlevage ». La partie en relief est encrée et imprimée sous une presse ou à la main.

La gravure sur bois de fil : technique la plus ancienne où l'on utilise une planche découpée dans le sens du fil du bois, on travaille cette planche à l'aide de canifs, de gouges, de couteaux, d’échoppes et de ciseaux. Le bois de fil est la technique la plus souvent utilisée par Anna-Eva Bergman.

La gravure sur bois de bout : technique inventée au début du XIXe siècle où l’on utilise des blocs de bois coupés dans le sens transversal de l'arbre et assemblés en morceaux.

La linogravure : dérivée de la gravure sur bois, elle se pratique sur linoléum. Anna-Eva Bergman l’a utilisée dans ses premières estampes.


La lithographie

Étymologiquement : dessin sur pierre. Appartient à la famille des techniques de l'estampe désignée sous l'appellation générique de « procédés à plat ». Inventée vers 1796 par l'allemand Aloys Senefelder (1771-1834), elle est fondée sur l'antagonisme entre les corps gras et l’eau et sur les propriétés de la pierre calcaire à les absorber tous les deux. Sur une pierre calcaire poreuse, plus ou moins grainée, on dessine au crayon, à la plume, au pinceau. Le gras de l'encre est fixé sur la pierre sur laquelle est posé un apprêt de gomme arabique et de solution acidulée. Sous la presse, l'encre grasse de l'imprimerie est acceptée par l'encre grasse du dessin et rejetée partout ailleurs (pierre mouillée). On peut utiliser des feuilles de zinc, d'aluminium, on dira « zincographie ».

Faux décalque : décalque reporté sur chaque pierre lithographique lors de l’exécution d’une lithographie en couleur. À noter que l’on utilise une pierre par couleur, d’où les « repérages » qui sontdes croix placées dans les marges et des petits trous à l’aiguille.

Autographie : procédé permettant de décalquer et reporter un dessin exécuté sur la pierre, où l’on utilise un « papier-report ».


La sérigraphie

Dérivée du pochoir, c'est une méthode d'impression exécutée sur un écran de soie ou synthétique tendu sur un châssis, qu'on appelle aussi le « tamis » et qui délimite le cadre de l'estampe. Le principe consiste à laisser libre certaines parties des mailles du tissu et à obstruer les autres afin que l'encre, étalée à l'aide d'une « raclette », ne traverse l'écran qu'aux endroits qui correspondent à l'image.

Anna-Eva Bergman chez Erker à Saint-Gall en 1974, elle travaille la gravure sur bois GB 46-1974 L'eau, 180 (cat. 161)