CATALOGUE RAISONNÉ DE L'ESTAMPE DE ANNA-EVA BERGMAN

Editeur : Fondation Hartung Bergman
Reconnue d’utilité publique par décret du 16 février 1994
Le Champ des Oliviers 173, chemin du Valbosquet
F-06600 Antibes
T/+33(0)4.93.33.45.92 F/+33(0)4.93.33.27.33
www.fondationhartungbergman.fr
©fondationhartungbergman | 2016

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l'artiste

1925

1927

1928

1955

1957

1987

Lacourière

1952

1953

1954

1955

Lacourière et Frélaut

1958

1978

Jean Pons

1952

Atelier Patris

1957

Erker-Presse

1963

1967

1973

1974

1976

Atelier Henri Baviera

1967

Henri Goetz

1968

F. Xaver Leipold Lithographische

1967

1968

1970

Mourlot

1970

1971

1972

Gustavo Gili

1976

Arnera

1979

Imprimerie du Compagnonnage

1967



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Chronologie

1909
Anna-Eva Bergman naît à Stockholm le 29 mai 1909, d’Edvardine Magdalene Margarete née Lund (1878-1966), dite Bao, norvégienne, diplômée de gymnastique orthopédique, et de Broder Julius Gustafsson Bergman, ingénieur suédois (1877-1959). Ses parents se séparent six mois après sa naissance et sa mère la ramène en Norvège dans le comté de Hardanger, berceau de sa famille. 

1910-1924
Le père de Bao meurt en 1911. Anna-Eva a deux ans. Sa mère la confie à deux de ses sœurs, Inger et Hilda Lund, et part travailler en Angleterre. L’enfant, venue la rejoindre, supporte mal le climat, souffre de bronchite et doit rentrer en Norvège. Elle est alors confiée à une troisième sœur de sa mère, Sara, mariée avec Daniel Tønnessen, militaire de carrière. Ils vivent d’abord à Fredrikstad, puis dans les environs d’Oslo. Anna-Eva reste chez eux de l’âge de trois ans jusqu'à quinze ou seize ans. Sa mère lui rend de rares visites et rentre en Norvège lorsque sa fille a douze ans. Très absorbée par son travail, elle ne la voit que les week-ends durant plusieurs années encore.

1925-1928
En 1925, à seize ans, Anna-Eva Bergman entre à l’École d’État pour l’art et l’artisanat, qui prépare en trois ans à l’Académie des beaux-arts d’Oslo. En moins de deux ans, elle boucle le programme et est admise à l’Académie en octobre 1927, à dix-huit ans, dans la classe du professeur Revold. Elle déclare y avoir fait « de petits paysages à la manière de Munch(1) » et des rencontres importantes : « Cette dernière année surtout m'a laissé un très bon souvenir. Kai Fjell, Johs. Rian et Bjarne Rise étaient mes condisciples. Sans oublier le surréaliste danois Vilhelm Bjerke-Petersen et sa femme(2)»

Elle passe les vacances d’hiver à Stockholm, où le peintre suédois Axel Munthe l’a invitée à travailler auprès de lui. « J’espérais beaucoup apprendre de ce séjour. Hélas, tout ce que j’eus à faire consistait à préparer les murs du musée où devait avoir lieu une rétrospective du maître. Il fallait d’abord coller des feuilles de journaux sur des murs qui n’en finissaient pas, faire bouillir de la colle blanche et en badigeonner le papier qui, en séchant, devenait éblouissant de blancheur. Heureusement que je n’étais pas sujette au vertige, car les murs montaient à six mètres ! Ce travail de peintre en bâtiment me prenait chaque jour de six heures du matin à midi, mais mon pensum n’en était pas pour autant terminé. Chez Munthe, je devais ensuite recopier au propre ses esquisses de motifs de papiers peints, de tapis, de tapisseries ou de revêtements de meubles(3). »
Elle ne restera qu’un an à l’Académie des beaux-arts d’Oslo. Sa mère, qui veut poursuivre à Vienne ses études d’orthopédie, l’emmène avec elle en Autriche. Elles quittent Oslo le 13 septembre 1928. Anna-Eva s’inscrit à la Kunstgewerbeschule, l’École des arts appliqués de Vienne, dans la classe du professeur Steinhof. Proche de ce que l’on enseignait à l’école du Bauhaus, il a le don de mettre en valeur les qualités individuelles de chacun de ses élèves. Elle dira plus tard, qu’elle expérimentait alors des peintures totalement abstraites et avoir plus appris avec Steinhof qu’elle ne le fit jamais : « Alors j'ai fermé les yeux à tout ce qui était concret, j'ai serré les dents et j'ai plongé la tête la première dans l'abstrait(4)». Elle n’y restera que trois mois, car cette période est stoppée net par la première manifestation des graves troubles digestifs qui la tourmenteront toute sa vie.

Ses premières pointes sèches, linogravures et gravures sur bois sont réalisées probablement à cette période. Des dessins et aquarelles permettent un rapprochement formel et thématique (paysages de Norvège, paysages urbains et légendes populaires nordiques) avec ses œuvres imprimées et confirment leur datation dans le catalogue raisonné des estampes.

34353-2
Sörlands Motiver Tromöen
Mine de plomb sur papier
13 X 18.7 cm
1 (cat.1)
[Non titré, 1925]
5588-30
[Non titré, 1927]
Aquarelle sur papier
30 X 22 cm
9 (cat.65)
[Non titré, 1928]

1929-1931
En avril, après une convalescence sur la Côte d’Azur avec Bao, Anna-Eva arrive seule à Paris. Elle s’inscrit à l’académie privée du peintre André Lhote, et trouve ennuyeux son enseignement autoritaire et restrictif. En mai, elle rencontre Hans Hartung. Les jeunes gens se fiancent à Dresde dès le 29 juin. Ils passent l’été à Leucate et se marient le 28 septembre en Allemagne. Ils s’installent à Dresde chez le père de Hans.
Anna-Eva et Hans louent une maison à La Colle-sur-Loup, la villa Jeanne, sur la Côte d’Azur et y passent l’hiver 1930-31.
L’œuvre d’Anna-Eva Bergman est à cette période marquée par les artistes allemands de la Neue Sachlichkeit, comme George Grosz et Otto Dix, mais sans présenter un angle social aussi dur. Elle dessine des personnages emblématiques de la bourgeoisie allemande et française avec un humour allant parfois jusqu’à l’ironie.

1932 
Exposition personnelle d’Anna-Eva Bergman à la suite de celle de Hans Hartung à la Galerie Kühl à Dresde. Quelques mois plus tard, ils exposent ensemble chez Blomqvist à Oslo et vendent assez de tableaux pour s’offrir un séjour sur la côte sud de la Norvège. Ils louent une maison dans l’île de Homborøya près de Grimstad.
Le 23 septembre, la mort du père de Hans interrompt brutalement ce séjour. Ils rentrent à Dresde et en repartent fin octobre pour Paris. À Paris, ils s’installent chez Bao qui y a ouvert avec quelque succès un cabinet de gymnastique orthopédique. Bao propose aux jeunes gens d’aller vivre en Espagne, l’un des pays les moins chers d’Europe. C’est ainsi qu’ils partent pour Minorque, aux Baléares, à la fin de l’année où ils s’installent.

1933-1934
À proximité du village de Fornells, ils louent un terrain et se font construire une maison.

Anna-Eva Bergman produit un nombre important d’œuvres à Minorque. Ses peintures et aquarelles, notamment la série de paysages urbains de Fornells, montrent son intérêt pour le nombre d’or, l’architecture, les surfaces pures, et annoncent les formes simples, construites de son travail futur.

Soupçonné d’espionnage, le couple reçoit un ordre d’expulsion. À force de démarches, ils obtiennent le droit de rester dans leur maison, mais la surveillance constante dont ils font l’objet leur porte sur les nerfs et, lorsque Blomqvist leur propose une nouvelle exposition à Oslo, ils acceptent avec soulagement.

1934-1936
En décembre 1934, ils arrivent à Oslo, mais l’exposition chez Blomqvist est annulée, leurs œuvres étant restées bloquées en Espagne. Ils partent pour Stockholm où ils avaient aussi un projet d’exposition qu’ils ne réussissent pas à concrétiser. Hans Hartung part seul pour Berlin fin janvier 1935, Anna-Eva Bergman retourne en Norvège.
À Oslo, elle vend à Aftenposten deux articles illustrés sur Minorque (parution le 5 janvier) et Paris (parution le 4 mai), et tente de publier un livre de cuisine qu’elle a écrit en Espagne. En vain. Elle rejoint Hans à Berlin le 7 février 1935, après quinze jours de séparation.
À Berlin, Anna-Eva est hospitalisée. En novembre, elle part pour Paris où Hans a trouvé un atelier rue Daguerre. Trois semaines plus tard, nouvelle hospitalisation à Berlin, où on lui enlève la vésicule biliaire. Ce n’est qu’en juin 1936, après une longue convalescence dans le Midi de la France, qu’elle retrouve Hans à Paris. Durant l’été, ils séjournent en Norvège, dans le Hardanger. Ils rentrent ensemble à Paris. À Noël, Anna-Eva est seule à Berlin, pour une nouvelle hospitalisation.

1937-1938
Le 14 avril 1937, depuis San Remo, Anna-Eva envoie à Hans une lettre de rupture.
Fin septembre 1937, elle subit une nouvelle opération à Berlin, où le divorce est prononcé le 1er mars 1938.
De la fin avril à l’automne, Anna-Eva séjourne en Italie. Elle travaille à deux articles illustrés qui paraîtront dans A-Magasinet, supplément de Aftenposten : le premier, sur la Riviera italienne le 27 novembre 1937, le second, sur Alassio, le 15 janvier 1938.
Elle est à nouveau hospitalisée à Oslo. Le 23 décembre, elle retrouve sa nationalité norvégienne (elle était devenue allemande lors de son mariage en 1929 avec Hartung).

1939-1945
À partir d’août 1939 jusqu’à l’automne 1940, Anna-Eva et Bao habitent dans le Hardanger, elle raconte qu’elle allait « en solitaire dans les montagnes pour y trouver le silence [et] peindre des aquarelles d’après nature(5) ». Anna-Eva est malade, l’armée allemande occupe la Norvège. Fin 1940, la mère et la fille s’installent à Oslo.

Anna-Eva Bergman reprend ses recherches sur la section d’or dont l’intérêt remonte à ses années d’étudiante à Oslo puis à Vienne et au début de sa vie commune avec Hans Hartung. En 1941, elle note dans un carnet : « La section d'or (2: 3: 5). Si l'on divise une ligne de façon à ce que la moindre part soit proportionnelle à la plus grande part, et que la plus grande part soit proportionnelle à l'ensemble, on a obéi aux règles de la section d'or. Les proportions les plus proches de la section d'or sont de 2: 3: 5(6). »

Elle vient d'achever la rédaction d'un livre de souvenirs, Certaines personnes sont comme ça, qui est une chronique de sa vie avec Hans Hartung, surtout à Minorque. À l’été 1941, elle l’envoie à l’éditeur Cappelen qui accepte les illustrations mais fait réécrire le texte par un écrivain à la mode en Norvège. Le livre est publié en 1942 sous le titre Turid i middelhavet (Avec Turid en Méditerranée) avec un réel succès.

Turid i Middelhavet
édition J. W. Cappelen Forlag, Oslo, 1942
21.2 X 14.7 cm

Dès la sortie de son livre, elle rencontre l’architecte octogénaire Christian Lange, avec qui elle se lie d’une profonde amitié : « Il était architecte, il avait restauré des églises en Norvège et dans d’autres pays d’Europe, et travaillé sur la section d’or(7). » Il a aussi restauré la cathédrale de Trondheim avec son oncle Macody Lund, auteur d’un ouvrage paru en 1919, « Ad quadratum », ouvrage qu’elle dit avoir étudié minutieusement, où il est question de l’utilisation de la section d’or dans la conception et la construction de plusieurs cathédrales gothiques et notamment de celle de Trondheim. Elle partage avec Lange son intérêt pour la section d’or et la littérature allemande. Il l’initie à la technique de la pose des feuilles de métal : « Son enseignement m’inspirait à tel point que l’idée me vint d’utiliser ces matériaux dans ma peinture. Ce fut le début d’une technique nouvelle que je n’ai cessé de développer jusqu’à ce jour et qui allait jouer un rôle déterminant dans les phases suivantes de mon travail(8). »

En 1944, Anna-Eva Bergman se marie avec Frithjof Lange, ingénieur et peintre amateur, fils de l'architecte Christian Lange.

Elle illustre le livre de son second mari, Seier'n er vår! (La victoire est à nous !), publié en 1945.

Seier'n er vår! (La victoire est à nous!)
édition Alb. Cammermermeyers Forlag, Oslo, 1945
21 X 24 cm

On lui demande aussi d’illustrer d’autres livres comme Kathy, l’aîné de six de S. Coolidge, des revues, entre autre « Vi selv og våre hjem » (de 1945 à 1951), des journaux.

1946-1949
En 1946, encouragée par ses amis, les peintres Rigmor Holter, Bjarne Rise et surtout son beau-père, Anna-Eva Bergman recommence à peindre. Elle reprend également ses « carnets », commencés en 1941, qu’elle poursuivra jusqu’en 1951. Il s’agit de notes, prises presque au jour le jour, sur des questions théoriques ou techniques qui surgissent au cours du travail artistique, de réflexions sur l’art, l'esthétique, la philosophie :« L'expression artistique c'est peut-être l'expression de l'écho qui nous reste de ce que nous avons vécu. - exprimer l'écho du vécu(9).»
Elle commence ses recherches sur l’abstraction : « Mes tableaux figuratifs au début, puis géométriques se muèrent en l’abstraction la plus radicale et l’utilisation des matériaux métalliques déterminait l’orientation personnelle que prenait mon itinéraire pictural(10). » Dans un carnet de 1947, Anna-Eva Bergman donne l’orientation de son travail : « Quand je commence une peinture j'imagine que ce qui suit est la formule qui me convient. 1) Le format, 2) le rythme, 3) la composition qui est la conséquence du rythme du motif, 4) le dessin, 5) les couleurs. Chaque motif a son propre rythme. Le rythme n'a rien à voir avec les contours mais il est naturellement jusqu'à un certain point une conséquence directe de ceux-ci. La composition du tableau est une conséquence directe du rythme du motif et individuelle pour chaque motif et chaque peinture(11). »

Les œuvres dans la période de 1949 à 1951 sont basées sur le nombre d’or, celui-ci sous-tend la construction de ses compositions et la ligne, qui crée le rythme, en est l’élément majeur : « La ligne. Existe-t-il quelque chose de plus beau qu’une ligne pure, sensible ? La ligne est le squelette indispensable de la peinture. Mais pourquoi faut-il donc que la ligne soit utilisée à dessiner des contours ? Le rythme n’est-il pas bien plus important ? Il n’y a pas de contours, il y a seulement des passages d’une chose à une autre pas – de la lumière à l’obscurité – d’une couleur à une autre(12).» De cette période, qui marque un tournant majeur dans sa création, date sa première peinture à la feuille d’or, N°ca-1948-50.

N°ca-1948-50
Huile et feuille de métal sur panneau de bois Isorel
41 X 27 cm

« Par l’utilisation de métaux, mes toiles sans user cependant du recours à des artifices de perspective, bénéficient d’effets visuels parfaitement inédits : les différents niveaux spatiaux tantôt se juxtaposent ou se superposent, formant des structures qui s’échelonnent en gradins, tantôt se reflètent. Effet que le spectateur est en mesure de provoquer en bougeant devant la toile en changeant même le rythme de ses mouvements(13).»

1950
Au cours de l’été, elle fait un voyage en bateau le long de la côte norvégienne, visite les îles Lofoten, le Finnmark et les villes principales de la Norvège du Nord : « Nous sommes en route pour Finsnes après une nuit entière sur le pont. Tôt ce matin nous avons passé le détroit de Risø et nous avons vu un rocher d'oiseaux en miniature. La nuit était indescriptible. Dépassant tout ce que je pouvais imaginer. Le plus merveilleux des soleils pendant toute la nuit tandis que nous glissions entre toutes les silhouettes magiques et étranges que sont les Lofoten. Une aventure d'une somptuosité incroyablement. Les montagnes semblent transparentes, plus rien n'a d'épaisseur. Tout est comme une vision d'avenir, une possibilité encore pas réalisée. Si l'on veut peindre cela il faut trouver l'expression qui suggère l'atmosphère, l'effet des couleurs(14). »

À partir du 6 octobre première exposition personnelle de peintures abstraites, à la galerie UKS à Oslo. À travers la presse norvégienne, relativement importante mais pas toujours positive, on découvre la manière dont l’artiste positionne son travail à cette époque. La plupart des articles, en effet, insistent sur l’absence de titre de ses œuvres, sur la géométrie comme fondement de ses peintures et sa référence à Macody Lund, sur son attachement aux maîtres anciens, la musique de Bach, et surtout sur la définition de son art, qu’elle ne qualifie pas de peinture abstraite mais plutôt de peinture non figurative ou d’un « art d’abstraire », comme l’annonce le titre de cet article du journal Dagbladet du 5 octobre : « “Art d’abstraire” à UKS, Macody Lund revient. » Ou encore dans Vaart Land (6 octobre) : « On n’a pas le droit d’appeler ses 30 peintures de l’art abstrait, cela veut dire si peu de chose, explique-t-elle. Art d’abstraire peut encore aller au besoin. La peintre affirme même être inspirée des grands maîtres. » Morgenbladet (6 octobre): « Elle travaille beaucoup avec la ligne dans ses tableaux, inspirée par la musique, dit-elle. Les anciens maîtres comme les nouveaux m’ont influencé, mais les deux plus grands sont Fra Angelico et Bach : aussi purs dans leur art, il n’en existe aucun autre, explique Anna-Eva Bergman. »Aftenposten (6 octobre) : « - Je ne dirais pas de mes toiles qu’elles sont abstraites. Non-figuratives est une appellation plus adéquate, explique Anne-Eva Bergman […]. Je ne crois pas que l’on devrait parler d’artiste abstrait. Ce serait plus juste de dire “qui abstrait”. Le fait que la géométrie soit le fondement de ces peintures est tout à fait naturel. Il existe un grand nombre de théories derrière les couleurs et les lignes, mais les théories doivent être secondaires, explique madame Bergman. Et je ne donne pas de titre à mes peintures. Je trouve ça trop pompeux. Je nomme mes peintures compositions. […] Lorsqu’elle peint, Anna-Eva Bergman s’inspire de la musique. - Énormément de Bach par exemple, dit-elle(15). »

1951
En Norvège, Anna-Eva Bergman réalise trois peintures abstraites(16) pour l’établissement thermal de Farris, à Larvik.

Komposisjon, 1951
Tempera et feuille de métal sur panneau bois contreplaqué
101 X 203 cm
Komposisjon, 1951
Tempera et feuille de métal sur panneau bois contreplaqué
101 X 154 cm
Komposisjon, 1951
Tempera et feuille de métal sur panneau bois contreplaqué
101 X 50 cm

Un article de presse d’Harald Ruud, sur la réception de cette commande, paraîtra dans Verdens Gang, le 22 janvier 1952 : « Ces derniers jours, Anna-Eva Bergman a terminé la décoration du nouveau bar de l’Hôtel Farris Bad à Larvik, et nous livre un travail tout à fait convaincant. Anna-Eva Bergman a éveillé l’attention avec sa peinture non-figurative, ici chez elle, mais aussi dernièrement en Suède, lors de l’exposition norvégienne. Ces décors montrent presque de manière provocante combien cette forme d’expression convient à merveille pour ce genre d’ouvrage. Les panneaux muraux vivent sans pour autant être envahissants. Elle utilise des couleurs simples, avec un choix raffiné. Les panneaux sombres sont déchirés par des surfaces blanches ou des formes aux couleurs lumineuses. L’or et l’argent ont également pris place dans ces décors. Mais le tout est avant toute chose joyeuse. Les panneaux provoquent une tension dans leurs relations les uns avec les autres, et bien que rien ne soit fait pour transmettre l’illusion de profondeur, l’effet réciproque entre les panneaux clairs et sombres, entre les couleurs et les formes donnent pourtant une forte impression de profondeur et d’espace(17). »
Elle commence à travailler à partir des impressions qu'elle a gardées de son séjour à Citadelløya et du paysage de roches de granit lavé par la mer du comté de Vestfold. Les tableaux de la série « Fragments d'une île en Norvège » sont une transition capitale dans son travail, de cette série est issu son premier motif : les pierres.

N°32-1951 Fragment d'une île en Norvège
Tempera sur panneau de bois Isorel
38 X 46 cm
3435-202
[Fragment d'une île en Norvège], 1951
Encre de Chine sur papier
35.4 X 54.4 cm
N°35C-1951 Randsholmen (Fragment)
Tempera sur panneau de bois Isorel
19 X 24 cm
5682-3
Fragment d'une île en Norvège, 1951
Mine de plomb sur papier
36 X 54 cm

Sa peinture évolua ensuite vers la recherche d’un nombre restreint de motifs simples : “On doit pouvoir construire un monde pictural symbolique – par conséquent un symbole pictural – à partir du monde réel – avec toute sa beauté, ses luttes et ses souffrances – avec sa dynamique – ses rythmes, ses harmonies et ses disharmonies, partout subordonnés aux mêmes lois.”(18
 
Du 19 octobre au 20 novembre, exposition collective de peintures et dessins à la Liljevalchs Konsthall, Stockholm.
Lors d’une petite exposition personnelle de ses dessins à Larvik (Anna-Eva Bergman expose au Larvik Kunstforening les dessins préparatoires aux trois toiles pour Farris Bad), elle rencontre l’artiste Terry Haass qui devient l’une de ses plus proches amies et partagera avec elle, tout au long de sa vie, une grande complicité intellectuelle.

1952
Anna-Eva Bergman part pour Berlin le 2 janvier, par le Danemark, avec l’objectif de rencontrer des historiens de l'art et des artistes, et d'adresser des récits de voyage aux journaux norvégiens.
À Berlin-Lankwitz, elle rend d'abord visite à Will Grohmann. Il lui ouvre les ateliers des artistes les plus importants à travers toute l’Allemagne. Son article Fragmenter av tysk kunst og kultur illustré d’un de ses dessins – réalisé pendant son voyage–, paraît le 19 mai dans Morgenbladet .

Fragmenter av tysk kunst og kultur, Morgenbladet, 1952

« Ce qui m’intéressait le plus c’était de retrouver les artistes et les intellectuels que j’avais connus – et d’apprendre ce qu’ils avaient vécu en tant que “dégénérés” [entartete]. Comment vivaient-ils maintenant ? Que pensaient-ils ? Et avant tout comment avaient-ils évolué en tant qu’artistes et intellectuels. Ce n’était pas seulement les artistes de Berlin, mais de toute l’Allemagne de l’Ouest que je voulais rencontrer, à la fois ceux qui comptaient avant, et les nouveaux-venus de l’après-guerre. Mon point de départ était le professeur Will Grohmann, l’historien de l’art le plus connu de nos jours. Le professeur Grohmann habite à Lankwitz, une banlieue de Berlin. Sa villa au fond d’un grand jardin est entourée de ruines et des réfugiés en habitent la cave. […] La villa a été occupée par un américain avant eux et elle est meublée en majeure partie de livres, d’art et de bureaux. Chaque pièce est une bibliothèque avec un bureau et des tableaux aux murs. Et quels tableaux ! Klee, Kandinsky, Picasso, Léger, Miro etc. […](19). »
Elle arrive à Paris au début du mois de mars et s’installe chez son amie Terry Haass à la Cité universitaire internationale. Quelques jours après, elle retrouve Hans Hartung. Ils vivent d’abord boulevard Raspail, à l’hôtel de la Paix, ensuite dans un appartement prêté par des amis absents le temps de leurs vacances d’hiver, puis retournent à l’hôtel du boulevard Raspail.

Anna-Eva Bergman réalise à l’atelier Jean Pons(20) une série de cinq lithographies à partir de ses dessins et aquarelles sur le thème des pierres. (10 (cat. 221)); (11 (cat. 222)); (12 (cat. 223)); (13 (cat. 224)); (14 (cat. 225)). 

10 (cat. 221)
[Non titré], 1952
11 (cat. 222)
[Non titré], 1952
12 (cat. 223)
[Non titré], 1952
13 (cat. 224)
[Non titré], 1952

14 (cat. 225)
[Non titré], 1952

Exposition au Salon de mai à Paris, dans la section de la Norvège. Elle y exposera chaque année des peintures jusqu’en 1960 puis en 1967, 1968, 1975, 1978, présentera également des gravures en 1953, 1954, 1956.

Exposition personnelle au Kunstantiquariat Wasmuth à Berlin, du 27 juin au 23 juillet, organisé par Will Grohmann.

1953
Le couple travaille à l’atelier de gravure Lacourière à Montmartre : « Depuis un certain temps déjà, nous allions travailler chez Lacourière, un atelier bien fréquenté à Montmartre, où nous faisions surtout des eaux-fortes. Cette opportunité s’était présentée à nous pendant notre second séjour à l’hôtel, car où donc sinon là aurions-nous pu travailler ? […] C’était pour moi une expérience inédite, la production d’eaux-fortes et la technique qui consistait à gratter et graver sur du cuivre ou du zinc me satisfaisait grandement. Je représentais différents « univers » comme j’avais aimé en créer il y a quelques années(21). »
Chez Lacourière, Anna-Eva Bergman réalise des gravures qui seront les premières inscrites dans le catalogue de ses œuvres qu’elle constitua probablement à la fin des années 1950(22). Ce catalogue est un inventaire de sa production accompagné d’une photographie et d’éléments descriptifs. Il était tenu par elle-même ou par Marie Aanderaa, bibliothécaire norvégienne, secrétaire et amie du couple à partir de 1958 jusqu’à leur décès.

Carnet Fortegnelse over malerier (registre de peinture) tenu par Anna-Eva Bergman de 1946 à 1951, avec un exemple d’une page du carnet
Exemple d’une fiche du catalogue d’atelier des œuvres sur toile et papier
Exemple d’une fiche du catalogue d’atelier des estampes

Dans le seul grand article écrit sur les estampes d’Anna-Eva Bergman, Julien Clay commente notamment cette première gravure qui apparaît dans le catalogue de ses œuvres imprimées, la G 1-1953 Une forme noire (19 (cat. 7)) : « Est-ce encore une pierre que cette grande forme oblongue, datant de 1953, de couleur sépia, qui s’enlève sur un espace horizontal légèrement ocré ? Elle est faite d’un grand nombre de lignes tourbillonnantes qui s’enchevêtrent. […] Ici, ce procédé aboutit à une création puissante : ce n’est pas un minéral, c’est un « univers » que la gravure évoque. Processus normal chez Anna-Eva Bergman. Ses formes varient, deviennent d’autres formes, le caillou est maintenant univers, il sera tout à l’heure planète. Chaque création est grosse d’une postérité inattendue. D’un bout à l’autre de l’œuvre s’opèrent les surprenantes métamorphoses de quelques thèmes essentiels(23). »

19 (cat. 7)
G 1-1953 Une forme noire
ou univers noir

Le 16 mai, le couple emménage dans un petit logement-atelier 7, rue Cels à Paris.

Anna-Eva Bergman dans son atelier à Paris, rue Cels en 1957

Exposition collective, à la galerie la Hune à Paris, des artistes de l’atelier Lacourière (avec Gérard Schneider, Gustave Singier, Pierre Soulages, Germaine Richier et Hans Hartung).« Anna-Eva Bergman eut, petit à petit, accès aux galeries privées surtout en tant que graveur. Elle ne se mit à la gravure que sur le tard, après les retrouvailles avec Hartung. Ils commencèrent à travailler ensemble chez Lacourière à Montmartre, le grand maître graveur en ce qui concerne les gravures sur cuivre. Elle fit chez lui ses premières eaux-fortes, des corps célestes, des galaxies, ou des univers comme elle aimait à les appeler. Elle eut ses entrées à la librairie La Hune à Saint-Germain-des Prés qui organisa des expositions de gravures dans ce haut-lieu de l’intellectualisme d’après-guerre. Elle y exposa en 1953, 55, 58 et 60(24). »

1954 
Le 29 avril, Anna-Eva divorce de Frithjof Lange.

Elle participe à plusieurs expositions collectives de gravure où sont réunis les artistes de l’atelier Lacourière, en Suisse, en Norvège et en Suède.

Parution, dans Art d’aujourd’hui, d’un petit article de Michel Seuphor sur Anna-Eva Bergman. Première critique dans une revue qui décrit et évalue son travail : « Il me reste à dire un mot d’Anna-Eva Bergman, Norvégienne de Paris, et, pour l’heure, certainement une des personnalités les plus marquantes de son pays dans le domaine des arts plastiques. […] La peinture d’Anna-Eva Bergman n’est pas du tout linéaire, elle affectionne les grandes surfaces simples et recherche l’impression massive. […] je demeure saisi […] devant la puissance et la sobriété de cet art, tant dans les grandes peintures que dans les eaux-fortes en couleurs. Pour la première fois je vois, exprimée sur la toile, la force calme des montagnes, le drame intérieur d’un caillou. Corps rudimentaires, formes essentielles rendus vivants par la caresse technique à peine prononcée(25). »

1955
Les premières gravures sur bois(26) qu’elle réalise à Paris ne seront pas cataloguées par l’artiste, elle les imprime elle-même dans son atelier en très peu d’exemplaires : « En 1955, Anna-Eva Bergman imprima elle-même, dans l’atelier qu’elle partageait, rue Cels, avec Hans Hartung, des gravures sur bois de fil. Elle utilisait du papier Japon et ne tirait, faute de moyens, qu’un très petit nombre d’exemplaires de chaque gravure(27). » Plusieurs de ces plaques de bois seront retravaillées à la feuille de métal et tempera, en 1960(28).

N°A-1960
Bois gravé, tempera et feuille de métal sur panneau de bois contreplaqué
9.6 X 21.2 cm
N°B-1960
Bois gravé, tempera et feuille de métal sur panneau de bois contreplaqué
22.1 X 10 cm
N°C-1960
Bois gravé, tempera et feuille de métal sur panneau de bois contreplaqué
22.1 X 9.5 cm
N°F-1960
Bois gravé, tempera et feuille de métal sur panneau de bois contreplaqué
9.7 X 21.3 cm
N°D-1960
Tempera et feuille de métal sur panneau de bois contreplaqué
8.6 X 19.1 cm

Expositions personnelles à Paris, de peintures à la galerie Ariel (du 29 mars au 20 avril) et d’eaux-fortes et bois gravés à la galerie La Hune (du 19 avril au 10 mai). La critique d’Herta Wescher, dans la revue Cimaise, aborde les deux expositions. Elle écrit à propos des gravures et eaux-fortes exposées à la Hune : « La gravure exposée en même temps, n’ajoute rien d’essentiel à cette peinture dont elle dévoile plutôt, le secret élémentaire. Dans les bois gravés, surtout, la notion spatiale se renforce par des lignes horizontales dégradées, placées derrière et autour des formes constitutives. Plus mystérieuses sont les eaux-fortes, en jouant sur les volumes simultanément transparents et compacts. Des zig-zags impulsifs les parcourent, se prolongeant au-delà des contours, tranchant sur les graphites minces qui sillonnent le fond. La qualité technique de l’impression permet d’obtenir les finesses les plus inattendues, et elle se traduit également dans les bois gravés par des empreintes très souples de nervures(29). » 

Expositions de gravures, au pavillon de la Norvège(30) à la Biennale de Sao Paulo au Brésil (en juin) et à la « Première exposition internationale de gravure » à Ljubljana, en Yougoslavie (du 3 juillet au 9 septembre), avec cinq eaux-fortes(31). Anna-Eva Bergman participera à toutes les biennales de Ljubljana jusqu’en 1979.

Le critique Roger van Gindertael rencontre Anna-Eva Bergman dans son atelier et écrit le premier grand article sur sa peinture qui paraîtra dans la revue Cimaise en mai, puis dans la revue suédoise Konstrevy(32) la même année : « […] La vie occulte de vos grande “figures” essentielles ne doit rien aux illusions optiques ou mentales des effusions lyriques dans l’inachèvement improvisé. Au contraire, vos tableaux sévèrement contenus, dûment élaborés, montre la mise en œuvre d’une technique longuement éprouvée et parfaitement maîtrisée. Si l’envie venait de s’y arrêter, cette technique serait motif à pure délectation, que l’on s’arrête à la patine des métaux en feuille ou à l’émaillage des glacis approfondissant les tons sous-jacents. Mais il est inutile de faire état de la personnalité de vos procédés et moyens ; ils ne vous appartiennent que pour servir à la matérialisation des entités picturales ramenées des profondeurs de votre vie secrète à la surface du tableau. […](33). »

1956
Du 13 mars au 9 avril, exposition collective, « First International Exhibition of Prints », au Cincinnati Art Museum. Cette exposition est une sélection de la première biennale de la gravure de Ljubljana. Anna-Eva Bergman y participe avec l’eau-forte : G 20-1955 Filet ou Icare (39 (cat. 27)).

39 (cat. 27)
G 20-1955 Filet ou Icare

En novembre à Paris, Anna-Eva Bergman rencontre Ole Henrik Moe (1920-2013). Directeur du Henie-Onstad Kunstsenter de 1966 à 1989, il y organisa une importante exposition de ses peintures et estampes en 1979. Il est l’auteur de la première grande monographie sur l’artiste, publiée en 1990(34).

Anna-Eva Bergman Liv og verk / Vie et oeuvre
Ole Henrik Moe
Dreyer, Oslo 1990
Français
En français et norvégien. 206p. 55 repr. en couleur, 88 repr. en noir, 1 illustration en couleur, 36 illustrations en noir, 9 portraits en noir.

À la création de la fondation Hans Hartung et Anna-Eva Bergman à Antibes, en 1994, il devient membre du conseil d’administration.

1957
Le 20 février, Anna-Eva Bergman et Hans Hartung se remarient.

Cette année-là, un nombre important de ses gravures sur bois sont imprimées à l’atelier Patris(35) à Paris. Vingt-quatre d’entre elles, numérotées et titrées, entrent dans son catalogue des estampes. Avec cette série, son vocabulaire de formes s’enrichit et la gravure sur bois devient sa technique de prédilection : « J’ai fait beaucoup de gravures sur bois, je préférais cela aux lithographies. C’est, il est vrai, un travail astreignant, mais le travail du bois me plaisait(36). »

1958
Dans une série importante d’œuvres à la tempera et feuille de métal sur papier, de format 50 x 65 cm, Anna-Eva Bergman décline pour la première fois, en peinture, le répertoire de ses formes : pierres, lunes, astres, planètes, montagnes, stèles, arbres, tombeaux, vallées, barques, proues, miroirs.

N°71-1958 Morceau de montagne
Tempera et feuille de métal sur papier
50 X 65 cm
N°73-1958 Pyramide
Tempera et feuille de métal sur papier
50 X 65 cm
N°74-1958 Tombeau de Théodoric
Tempera et feuille de métal sur papier
50 X 65 cm
N°75-1958 Tombeau
Tempera et feuille de métal sur papier
50 X 65 cm
N°78-1958 Planète
Tempera et feuille de métal sur papier
50 X 65 cm
Quelques exemples de la série d’œuvres sur papier de 1958 au format 50 x 65 cm 
N°79-1958 Pierre
Tempera et feuille de métal sur papier
50 X 65 cm
N°84-1958 Tibétain
Tempera et feuille de métal sur papier
65 X 50 cm
N°103-1958 Miroir
Tempera et feuille de métal sur papier
65 X 50.4 cm
N°104-1958 Proue
Tempera et feuille de métal sur papier Rives
65 X 50.5 cm
N°105-1958 Barque
Tempera et feuille de métal sur papier Rives
50.4 X 65 cm
Quelques exemples de la série d’œuvres sur papier de 1958 au format 50 x 65 cm 

Plus tard, à la fin des années 1960, elle fait une liste / inventaire sous forme de dessins et de notes. Elle y détaille ses thèmes, décompose son alphabet, fabrique des ensembles et montre leurs transformations dans ses peintures et ses œuvres imprimées : « Les thèmes : Stèles. {L’univers. Les lunes et astres} qui deviennent lunes, astres et planètes. {Formes agressives. arbres et stèles} qui deviennent arbres. Barques qui deviennent profils et proues. {Tombeaux (qui deviennent montagnes et rochers). Vallées (deviennent horizons)} {murs} deviennent remparts et châteaux. {Horizons. Océans. Glaciers} deviennent espaces (pas en gravure) (Glaciers n’existe pas encore en gravure). Les thèmes : l’eau, le feu l’air sont très peu exploité en gravure. Formes agressives sont passagères. Gravures : l’univers de 1953 à 1958 eaux-fortes, 1963 lithos. Lunes et astres en bois gravés : 1955-1957, 1967-1968. Stèles seules ou avec lunes : 1953 eaux-fortes, 1955-1957 bois gravés. Univers de pierres : 1953 eaux-fortes. Formes agressives : 1954-1955-1957 eaux-fortes et bois gravés. Arbre (qui sortent peut-être de Stèle et de formes agressives) 1955-1957 eaux-fortes et bois gravés. Tombeaux (qui vient plus tard montagne) eaux-fortes : 1957-1958. Barque : eau forte et bois gravés 1957-1958-1968. Stèle revient en bois gravés, 1955. Icare et formes volantes en eaux-fortes et bois gravé, 1954-1955. Montagne transparente en eaux-fortes et bois gravés (1957-1958), lithos (1963). Murs et murs de rochers : bois gravés (1957), lithos (1963). Horizons : lithos (1963), bois gravés (1967-1968). Océans : lithos (1964), bois gravés (1967-1968)(37). »

Quatorze eaux-fortes imprimées chez Lacourière dont les thématiques sont proches de cette fameuse série inaugurale de tempera et feuille de métal sur papier de la même année : G 20B-1958 le Nord (102 (cat. 29)), G 21-1958 Petit Tombeau bleu (103 (cat. 30)), G 22-1958 Formes en lignes bleues (104 (cat. 31)), G 23-1958 Tronc d'arbre (105 (cat. 32)), G 24-1958 Papillon négatif (106 (cat. 33)), G 25-1958 Forme en lignes violettes (107 (cat. 34)), G 26-1958 Petit Tombeau brun (108 (cat. 35)), G 27-1958 Tombeau de Théodoric (109 (cat. 36)), G 28-1958 Plante (110 (cat. 37)), G 29-1958 Montagne (111 (cat. 38)), G 30-1958 Vallée (112 (cat. 39)), G 31-1958 Rochers (113 (cat. 40)), G 32-1958 Barque (114 (cat. 41)), G 33-1958 Ringel Univers (115 (cat. 42)).

102 (cat. 29)
G 20B-1958 le Nord

103 (cat. 30)
G 21-1958 Petit tombeau bleu

104 (cat. 31)
G 22-1958 Formes en lignes bleues

105 (cat. 32)
G 23-1958 Tronc d'arbre

106 (cat. 33)
G 24-1958 Papillon négatif
107 (cat. 34)
G 25-1958 Forme en lignes violettes

108 (cat. 35)
G 26-1958 Petit tombeau brun

109 (cat. 36)
G 27-1958 Tombeau de Théodoric

110 (cat. 37)
G 28-1958 Plante

111 (cat. 38)
G 29-1958 Montagne

112 (cat. 39)
G 30-1958 Vallée
113 (cat. 40)
G 31-1958 Rochers

114 (cat. 41)
G 32-1958 Barque

115 (cat. 42)
G 33-1958 Ringel Univers

À Paris, en février, première exposition personnelle de peintures(38) à la Galerie de France où elle exposera régulièrement jusqu’en 1977.

Première exposition personnelle à la Galerie de France, Paris, 1958

« La direction de la Galerie de France, Gildo Caputo et Myriam Prévot, se consacrait véritablement à ses artistes. Ils mirent sur pied des expositions, non seulement en France mais tout autant à l’étranger. Grâce à leurs nombreuses relations, ils réussirent à placer des œuvres de leurs artistes dans de nombreuses collections privées et publiques dans le monde entier. Il y eut un moment, dans les années 50 où ils dominaient pratiquement le marché. La Norvège et la Scandinavie bénéficièrent aussi de leurs activités expansives(39). »En mars, exposition personnelle de gravures sur bois à la galerie La Hune. À l’occasion de ces deux expositions, à la Galerie de France et La Hune, un article paraît dans Dagbladet(40), le critique y utilise parfois la forme de l’interview : « […] Il est donc assez difficile de rencontrer Anna Eva Bergman, elle est toujours entre deux imprimeries, entre deux galeries. […] Une visite chez Lacourière, c’est comme revenir deux cents ans en arrière. […] Il n’y a pas plus de cinq hommes qui travaillent ici, mais la profession est dans la famille depuis des générations, ils ont cela dans le sang, ils sont pour ainsi dire artistes eux-mêmes. […] Lacourière est unique en son genre, il n’a pas son pareil, disent les artistes. […] C’était pour Bergman que nous étions venus après tout, mais elle se tenait, assise, si affairée avec sa plaque de cuivre, qui n’était pas exactement comme elle le voulait, la première impression de “L’arbre” (“Tree”) comme on l’appelle. Peut-être y a-t-il autre chose. Mais elle sent notre regard, et la question aussi, car elle nous dit :
– Personne ne s’intéressait à l’art abstrait chez moi. En tout cas, pas quand j’ai exposé la dernière fois, et en tout cas pas au mien. En ce qui concerne le dernier cas, ça pourrait peut-être être justifié, mais il faut croire qu’il y a eu une évolution depuis. J’ai fini par me dépouiller de toutes les fausses notes, et de toutes les influences pour travailler enfin sur quelque chose venant à nouveau de moi-même. C’est ce que vous voyez.
– La technique ?
– C’est celle que les anciens maîtres employaient. Un fond doré, préparé à base de couleurs naturelles. C’est un vieil architecte qui m’a appris cela, enfin, il ne connaissait que la théorie. Nous l’avons expérimentée, et avons découvert une sorte de processus, que j’ai depuis amélioré. Non – je ne connais personne qui fait quelque chose de similaire. Personne n’a le temps ni la patience. C’est de l’alchimie pure, et parfois, de l’artisanat pur. Je dépose 10-12 couches les unes sur les autres pour parvenir à l’éclat, au fond que je souhaite. Bien entendu, je fais tout moi-même. Cela ne me serait pas profitable d’avoir de l’aide, parce qu’alors, je n’aurais pas le même contact avec toute chose.
– Vous vous occupez autant de gravure que de la peinture ?
– Non, pas tout à fait. La gravure est bien de temps à autre, pour remettre les choses à leur place, et découvrir la subtilité des tons. »
Toujours sur ces deux expositions à la Galerie de France et La Hune, un article de Michel Ragon paraît dans la revue Cimaise : « […] Ses gravures sur bois de fil réconcilient l’art abstrait avec cette technique peu utilisée actuellement et assez ingrate. Anna-Eva Bergman a su en tirer tout le parti de finesse et de sensibilité(41). »

À Munich, en avril-mai, exposition personnelle de peintures à la galerie Van de Loo.

1959
Le 1er octobre le couple emménage dans une maison-atelier rue Gauguet, près du parc Montsouris. Anna-Eva Bergman, pour la première fois depuis son retour à Paris, travaille dans un grand atelier: « C’était formidable ! Deux grands ateliers et le tout si spacieux ! Chacun de nous pouvait travailler à cœur joie sans gêner l’autre et sans être gêné! […] Mon grand atelier me donna la folie des grandeurs ! Je voulais que mes tableaux soient à sa dimension : il en résulta des toiles de très grand format(42). »

À Aix-en-Provence, en mars exposition de peintures à la galerie Lucien Blanc.

1960
À partir des thèmes de sa série sur papier de 1958, elle exécute ses premières toiles de grands formats (200 X 300 cm). Ole Henrik Moe décrit les œuvres de Bergman et l’évolution de sa technique de la feuille de métal à partir des années 1960 : « Dans le courant des années 60, Anna-Eva Bergman diversifie sa technique de la feuille de métal. De temps en temps elle appose les feuilles de métal comme des carreaux très distincts et de temps en temps, elle les cache derrière des glacis de tempera ou – plus tard – d’acrylique. Elle trouve des motifs qui lui permettent de plus grandes surfaces […](43). »

Expositions personnelles d’estampes, à New York en février et à Florence en avril. Exposition de temperas à Paris à la galerie La Hune du 8 au 28 novembre.

1961
Le couple achète dans les hauteurs d’Antibes un terrain planté de pins et d’oliviers. En octobre, à Paris, Anna-Eva Bergman et Hans Hartung rencontrent Franz Larese, responsable de l’atelier Erker-Presse de Saint-Gall.

Expositions personnelles, de peintures et gravures à la galerie Kaare Berntsen(44) en avril à Oslo et de peintures à la galerie Tony Spinazzola en juin à Aix-en-Provence.

1962
Dans ses peintures, Anna-Eva Bergman ajoute à son vocabulaire de formes un nouveau thème : l’horizon. Il n’apparaîtra que l’année suivante dans les lithographies, puis en 1967 et 1968 dans les gravures sur bois, en 1970,1971 et 1972 à nouveau dans les lithographies, en 1974 et 1976 il reviendra dans les gravures sur bois, en 1978 dans une eau-forte et enfin dans ses dernières eaux-fortes en 1987.

Du 31 mars au 28 avril, exposition personnelle de peintures (vingt-trois peintures) à la Galerie de France, Paris. Elle y exposera notamment cinq toiles de grand format réalisées en 1960 : No 6-1960 Pyramide (200 X 300 cm) ; No 7-1960 Grand Tombeau (200 X 300 cm) ; No 11-1960 Grande vallée (200 X 300 cm) ; No 12-1960 Miroir (250 X 200 cm) ; No 13-1960 Le Tombeau de Théodoric (250 X 200 cm).

N°6-1960 Pyramide
N°7-1960 Grand tombeau
N°11-1960 Grande vallée
N°12-1960 Miroir
N°13-1960 Le tombeau de Théodoric

1963
Dix-huit lithographies sont imprimées chez Erker à Saint-Gall, neuf seront titrées, numérotées et entreront dans son catalogue, comme les premières, oubliant celles réalisées en 1952 chez Jean Pons. Erker est une librairie, galerie d’art, maison d’édition et atelier lithographique fondé par Jürg Janett et Franz Larese en 1958. « Hans et moi partions en Suisse à Saint-Gall pour y tirer des lithographies. Larese les réussissait toujours, il disposait d’une imprimerie remarquable. Nous y avons travaillé sur des pierres gigantesques. Larese nous avait rendu visite un jour à Paris et nous avait convaincus d’aller le voir à son imprimerie. Ensuite, à part les lithographies, nous tirions chez lui des gravures sur bois(45). »

1964
Anna-Eva Bergman et Hans Hartung font un voyage en bateau le long de la côte norvégienne jusqu'à la frontière soviétique, au-delà du Cap Nord. « Hans et moi nous luttions contre le besoin de sommeil pour surtout ne rien perdre du soleil de minuit. C’était le mois de juin, le moment où le soleil ne se couche pas. C’était de toute beauté ! Il n’existait pas de nuit et les paysages avaient un aspect magique. D’innombrables îles sur lesquels se dressaient des rochers en granit qui semblaient d’immenses sculptures posées sur les eaux. C’était ensorcelant(46). » Ils visitent aussi la cathédrale de Trondheim, restaurée par Christian Lange et Macody Lund. Ils rapportent de leur voyage près de mille photographies.

Finnmark et Cap Nord,  photographies du voyage de 1964

Dominique Aubier lui consacre une monographie qui est publiée dans la collection « Le Musée de Poche »(47).

Monographie
1964
Anna-Eva Bergman
Dominique Aubier
éditions Georges Fall.( Le Musée de Poche), Paris
Français

1965
Anna-Eva Bergman commence à travailler à partir des esquisses et des photographies de son voyage au Nord. Elle s’en servira pendant plusieurs années dans ses peintures. Les différentes versions de son motif Finnmark (le premier Finnmark en peinture date de 1951, après son voyage en 1950 au nord de la Norvège) en sont un exemple majeur.

N°35-1951 Finnmarks impression
Tempera sur toile
38 X 55 cm
N°31-1965 Finnmark
Vinylique et feuille de métal sur toile
130 X 162 cm
N°2-1966 Finnmark Hiver (Hiver horizon du Nord)
Vinylique et feuille de métal sur toile
150 X 300 cm
N°12-1967 Grand Finnmark rouge
Vinylique et feuille de métal sur toile
150 X 300 cm

 « C’est du Finnmark et de la Norvège du Nord que je rêve. La lumière me met en extase. Elle se présente par couches et donne une impression d’espaces différents en même temps très très près et très très loin. On a l’impression d’une couche d’air entre chaque rayon de lumière et ce sont ces couches d’air qui créent la perspective. C’est magique(48). »

Elle réalise une série de peintures sur papier pour son projet d’illustration des textes de Jean Proal(49), L’Or de vivre.

L'or de vivre - Horizon
Tempera et feuille de métal sur papier
49 X 34 cm
L'or de vivre - Feu
Tempera et feuille de métal et pastel sur papier
49 X 34 cm
L'or de vivre - Proue
Tempera et feuille de métal et pastel sur papier
49 X 34 cm
L'or de vivre - Astre
Tempera et feuille de métal sur papier
49 X 34 cm
L'or de vivre - Eau
Tempera et feuille de métal sur papier
49 X 34 cm
L'or de vivre - L'air
Tempera et feuille de métal et pastel sur papier
49 X 34 cm
L'or de vivre - La mort
Tempera et encre sur papier
49 X 34 cm
L'or de vivre - La vie
Tempera et feuille de métal sur papier
49 X 34 cm
L'or de vivre - Miroir
Tempera et feuille de métal sur papier
49 X 34 cm
L'or de vivre - Mur d'or
Tempera et feuille de métal sur papier
49 X 34 cm

1966
En janvier, exposition personnelle de peintures (vingt-huit toiles) à la galerie Cahiers d’Art, Paris.
Du 12 mars au 3 avril, rétrospective (quarante-trois toiles) au Kunstnernes Hus, Oslo et du 6 au 22 mai au Bergens Kunstforening, Bergen.
Du 22 novembre au 10 décembre, exposition de gravures, gravures sur bois et lithographies au musée d’Art contemporain de Skopje (République de Macédoine) (avec Hans Hartung).

Bao, la mère d’Anna-Eva Bergman, décède à Oslo.

1967
À l’atelier Henri Baveria(50) à Saint-Paul-de-Vence, trois sérigraphies sont imprimées, une seule sera cataloguée par l’artiste : la S1-1967 (136 (cat. 254)).

136 (cat. 254)
[Non titré, 1967] [S1-1967]

Anna-Eva Bergman réalise quatre gravures sur bois (GB 25-1967 Éclipse (137 (cat.127)), GB 26-1967 Fjord (138 (cat.128)), GB 27-1967 Paysage aux deux lignes (139 (cat.129)), GB 28-1967 Océan (140 (cat.130)), une édition de quinze est d’abord imprimée en 1967 à l’imprimerie du Compagnonnage(51)à Paris, puis en 1976 une nouvelle édition de cinquante chez Erker, Saint-Gall.

137 (cat.127)
GB 25-1967 Éclipse
138 (cat.128)
GB 26-1967 Fjord
139 (cat.129)
GB 27-1967 Paysage aux deux lignes
140 (cat.130)
GB 28-1967 Océan

Chez F. Xaver Leipold Lithographischen Kunstanstal à Nuremberg, quatre gravures sur bois sont imprimées :
GB 29-1967 Astre (141 (cat.131)), GB 30-1967 Rocher (142 (cat.132)), GB 31-1967 Planète (143 (cat.133)), GB 32-1967 Pyramide (144 (cat.134)).

141 (cat.131)
GB 29-1967 Astre
142 (cat.132)
GB 30-1967 Rocher
143 (cat.133)
GB 31-1967 Planète
144 (cat.134)
GB 32-1967 Pyramide

En avril, expositions personnelles à la galerie Aronowitsch à Stockholm (peintures, œuvres sur papier, gravures, gravures sur bois, lithographies) et à la galerie Schmücking à Brunswick. Même si la sérigraphie S1-1967 a servi pour l'affiche de l’exposition à la galerie Schmücking, Bergman ne présente que des peintures sur papier, mais cinquante exemplaires signés et numérotés de la sérigraphie ont été mis en vente pendant l’exposition.
Le 24 mai vernissage de l’exposition « Anna-Eva Bergman dipinti, tempera, disegni », organisée par Luigi Mallé au Museo Civico de Turin, quatre-vingt-sept œuvres de 1947 à 1967 sont présentées.

Exposition au Museo Civico de Turin, 1967

À l’exposition « Spiegel Gold », organisée à Nuremberg (vernissage 21 juillet), Anna-Eva Bergman présente trente-six toiles.
 
1968
Début des travaux pour la construction de la maison et les ateliers d’Anna-Eva et Hans à Antibes.

Le thème de l’horizon se multiplie dans les œuvres de Bergman, cette année-là, sur toile ou papier. Il deviendra l’un de ses motifs majeur : « Pour moi il contient l’éternel, l’infini, le passage vers l’inconnu. Lorsque je regarde mes horizons, ils réveillent en moi un sentiment de langueur. Mais langueur de quoi ? Je ne sais pas. Elle est en moi et je la ressens souvent, mais je ne peux la décrire. C’est comme si l’horizon était la limite de l’expérience humaine, que j’essaie de libérer de ses contraintes, d’élargir. Derrière la frontière horizontale il y a une région physiquement inatteignable pour l’homme, qui néanmoins existe et qu’on peut ressentir. On peut entendre par cette sensation une expérience pure de la nature, quelque chose d’atmosphérique, d’irrationnel, le métaphysique, l’absolu(52). »

N°12-1968 Nuit arctique
Vinylique et feuille de métal sur toile
144 X 96 cm
N°14-1968 Horizon bleu avec fjord
Vinylique et feuille de méta sur toile
195 X 97 cm
N°13-1963 Ovale bleue
Tempera et feuille de métal sur panneau de bois contreplaqué
76 X 100.5 cm
N°59-1968 Horizons en plusieurs lignes
Acrylique, encre et feuille de métal sur papier
30.4 X 49.4 cm

Anna-Eva Bergman réalise son unique gravure au carborundum selon la technique de Henri Goetz.

151 (cat. 43)
[Non titré, 1968]

Cinq gravures sur bois imprimées chez F. Xaver Leipold Lithographischen Kunstanstal à Nuremberg :
GB 33-1968 Uranus (145 (cat.135)), GB 34-1968 Horizon (146 (cat.136)), GB 35-1968 Mer (147 (cat.137)), GB 36-1968 Tibétain (148 (cat.138)), GB 37-1968 Proue (149 (cat.139)).

145 (cat.135)
GB 33-1968 Uranus
146 (cat.136)
GB 34-1968 Horizon
147 (cat.137)
GB 35-1968 Mer
148 (cat.138)
GB 36-1968 Tibétain
149 (cat.139)
GB 37-1968 Proue

1968-1969
Du 5 décembre 1968 au 20 janvier 1969, exposition personnelle « Peintures récentes » à la Galerie de France à Paris.

1969
Anna-Eva Bergman devient chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Elle représente la Norvège, dans la section peinture, à la Biennale de São Paulo (de septembre à décembre).

Exposition à la Biennale de São Paulo, 1969

Les seize grandes toiles exposées iront ensuite, en 1970 et 1971, à Budapest, Anvers, Wroclaw, Varsovie, Stetin [Szczecin] et Birmingham dans le cadre de l’exposition de groupe : « Dix artistes norvégiens ».

1970-1972
L’horizon et le cosmos sont les deux thématiques dominantes dans les gravures sur bois et les lithographies de cette période. Cinq gravures sur bois imprimées chez F. Xaver Leipold Lithographischen Kunstanstal à Nuremberg : GB 38-1970 Lune et terre (157 (cat.146)), GB 39-1970 Petit Uranus (158 (cat.147)), GB 40-1970 Terre vue de la lune (159 (cat.148)), GB 41-1970 Horizon II (160 (cat.149)), GB 42-1970 Montagne (161 (cat.150)).

157 (cat.146)
GB 38-1970 Lune et terre
158 (cat.147)
GB 39-1970 Petit Uranus
159 (cat.148)
GB 40-1970 Terre vue de la lune
160 (cat.149)
GB 41-1970 Horizon II
161 (cat.150)
GB 42-1970 Montagne

Huit lithographies sont imprimées chez Mourlot(53) à Paris. Deux en 1970 : L10-1970 Terre rouge (162 (cat. 244) ), L11-1970 Horizon noir (163 (cat. 245) ), trois en 1971: L12-1971 Multihorizon (164 (cat. 246) ), L13-1971 Lourde planète (165 (cat. 247) ), L14-1971 Planète volcanique (166 (cat. 248)), et trois en 1972 : L15-1972 Terre, mer, ciel (167 (cat. 249)), L16-1972 Fjord (168 (cat. 250)), L17-1972 Crête (169 (cat. 251)).

162 (cat. 244)
L10-1970 Terre rouge
163 (cat. 245)
L11-1970 Horizon noir
164 (cat. 246)
L12-1971 Multihorizon
165 (cat. 247)
L13-1971 Lourde planète
166 (cat. 248)
L14-1971 Planète volcanique
167 (cat. 249)
L15-1972 Terre, mer, ciel
168 (cat. 250)
L16-1972 Fjord
169 (cat. 251)
L17-1972 Crête

En décembre 1970, dans la revue xxe siècle, no 35, parution du seul article de fond consacré uniquement aux estampes, Anna-Eva Bergman navigateur solitaire, de Julien Clay. Dans sa conclusion, il met l’accent sur la position dans l’œuvre de Bergman des estampes par rapport aux peintures : « [...] L’œuvre gravée d’Anna-Eva Bergman mériterait bien d’autres commentaires. C’est une œuvre considérable qui s’est développée parallèlement à son œuvre peinte, la gravure précédant souvent le tableau, quelquefois se laissant distancer par lui. [...]».

Exposition itinérante de lithographies et gravures sur bois en Norvège : en 1971 au Kragerø Kunstforening, en 1972 au Bergens Kunstforening, et au Larvik Kunstforening.

1973
Le couple s’installe dans sa propriété Le Champ des Oliviers, à Antibes.

Les œuvres d’Anna-Eva Bergman dans « les années d’Antibes », avec des formats de plus en plus grands ou très petits comme les séries qu’elle nomme « mini peinture », évoluent, avec une précision d’architecte, vers des formes de plus en plus simples et une gamme colorée plus restreinte. Elle abandonne la construction de ses toiles au nombre d’or et enrichit son vocabulaires de formes par deux nouvelles thématiques : la vague et la pluie.

La GB 42 1 (170 (cat.151)) est une gravure sur bois de grand format (plus de deux mètres de haut) réalisée par Anna-Eva Bergman chez Erker. La planche de sapin utilisée par l’artiste a servi, sur l’autre face, à Hans Hartung pour exécuter une gravure.

170 (cat.151)
GB 42 1-1973

1974
Anna-Eva Bergman réalise de nombreuses gravures sur bois chez Erker à Saint-Gall : « Larese nous avez introduit chez un marchand de bois, à la campagne, pour que nous puissions choisir les plaques de bois. Nous y avons travaillé tout un hiver dans un froid à moins 20 degrés(54). » Onze gravures sur bois seront sélectionnées pour accompagner les poèmes de Jean Proal, du livre : Proal/Bergman, L'Or de vivre publié en 1974 chez Erker-Presse.

Du 24 août au 30 septembre, exposition personnelle de peintures et gravures à la galerie Noella Gest à Saint-Rémy-de-Provence.

1975
Exposition personnelle de peintures au Centro Annunciata à Milan (du 11 au 31 janvier). À la galerie La Hune, à Paris (du 16 au 31 janvier), exposition des gravures sur bois d’Anna-Eva Bergman qui illustrent le livre Proal/Bergman, L'Or de vivre. Exposition avec Hans Hartung à la galerie Biedermann (du 16 mai au 30 juin), Munich :« Hans Hartung – Anna-Eva Bergman – Bibliophile Bücher und Original-Grafiken ».

Anna-Eva Bergman dans son atelier à Antibes, 1975

1976
Du 28 mai au 9 juin, chez Erker à Saint-Gall, Anna-Eva Bergman exécute un nombre important de gravures sur bois. Parmi celles-ci, une série, parfois, de grandes dimensions : GB 61-1976 Horizon III (198 (cat.179)), GB 62 -1976 Bois I (199 (cat.180)), GB 63-1976 Bois II (200 (cat.181)), GB 64-1976 Bois III (201 (cat.182)). Elle travaille sur des plaques de bois soigneusement choisies où son intervention de plus en plus minimale fait la part belle à la structure du bois. « Anna-Eva Bergman a pour la matière, et d’abord pour le bois, le respect qui caractérise les bons artisans et les grands artistes(55). » Cette série de gravures sur bois sera la dernière de l’artiste dans les ateliers de Saint-Gall.

198 (cat.179)
GB 61-1976 Horizon III
199 (cat.180)
GB 62-1976 Bois I

200 (cat.181)
GB 63-1976 Bois II

201 (cat.182)
GB 64-1976 Bois III

Deux aquatintes, de grand format, sont imprimées chez Gili(56) à Barcelone.

Expositions personnelles de peintures et gravures à l’hôtel de ville de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (24 juillet au 19 août) et de peintures à la galerie Sapone à Nice (du 10 au 31 décembre).

1977
Expositions personnelles, de peintures à la Galerie de France (du 27 janvier au 27 février), à Paris, et d’œuvres sur papier (1968-1972) au musée de l’Abbaye de Sainte-Croix, aux Sables d’Olonne (du 26 mars au 10 mai).

1977-1978
Du 18 novembre 1977 au 2 janvier 1978, exposition personnelle au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 1977

1978
Prix d’honneur (médaille d’or) à la Biennale internationale norvégienne de la gravure.

Anna-Eva Bergman travaille à une série de sept eaux-fortes chez Lacourière-Frélaut à Paris. La gravure G 36-1978 Baug (242 (cat. 47)) sera choisie pour l'édition du coffret Fritz-Winter-Haus - 9 Original-Grafiken, Ahlen/Westfahlen, 1982(57), et imprimée en Allemagne à cinquante exemplaires. Bergman a rencontré l’artiste Fritz Winter lors de son voyage en 1952 en Allemagne : « […] puis je partis pour Dressen au lac Ammerse pour y rencontrer Fritz Winter. Entrant chez lui, je le trouvai à genoux à côté d’une de ses élèves américaines, tous deux occupés à frotter avec un fusain et crayon de grandes feuilles qui, par cette technique fit apparaitre les veinures du vieux plancher en bois […] Nous passâmes un agréable moment, il me montra nombre de ses ouvrages. Bien des années par la suite, j’ai revu Fritz Winter à une exposition à Saint Gallen(58).»

242 (cat. 47)
G 36-1978 Baug

Du 9 septembre au 8 octobre, exposition de peintures, œuvres sur papier, gravures, gravures sur bois et lithographies à la Fritz-Winter-Haus, Ahlen.

1979
Pour répondre à la commande de Bokklubben Nye Bøker, Lysaker en Norvège, une édition de cent numéros de la gravure sur bois H 1979-1 Fragment de planète (248 (cat.220)) est réalisée chez l’imprimeur Arnera à Vallauris.

248 (cat.220)
H 1979-1 Fragment de planète

Du 26 avril au 3 juin, l’exposition « Anna-Eva Bergman Malerier, Tegninger, Grafikk », à la fondation Henie-Onstad, Høvikodden, organisée par Ole Henrik Moe, réunit quatre-vingt-une peintures et vingt-neuf gravures sur bois.

Exposition à la Fondation Henie-Onstad, Hövikodden, 1979

Cette exposition sera reprise par le Helsingfors Stads Konstsamlingar à Helsinki du 21 septembre au 4 novembre.

1980
Publication de Zwei Erzählungen, texte de Halldór Laxness illustré de neuf gravures sur bois d’Anna-Eva Bergman (réalisées en 1976), publié par Erker-Presse, Saint-Gall. À la suite de cette publication, la galerie Erker organisera l’exposition « Anna-Eva Bergman – Halldór Laxness: Zwei Erzählungen ».

Exposition personnelle itinérante en Norvège de peintures et gravures sur bois à Drøbak, Stavanger, Drammen et Ålesund.

1980-1982
Exposition (du 2 décembre 1980 au 18 janvier 1981) de tapisseries et gravures sur bois au musée de la Poste à Paris (avec Hans Hartung).
Expositions à la Kunsthalle de Düsseldorf (du 12 septembre au 11 octobre 1981) et à la Staatsgalerie Moderner Kunst de Munich (du 16 décembre 1981 au 28 février 1982).

1983
Exposition personnelle de peintures (trente et une peintures sur toile ou papier de 1976 à 1983) à la galerie Sapone à Nice : « Une rigueur toujours plus grande, jusqu’à l’extrême dépouillement ; une simplification continue des moyens employés, jusqu’à l’abandon parfois des feuilles d’or et d’argent – depuis plus de vingt ans la marque de son travail – font aujourd’hui de la peinture d’Anna-Eva Bergman une œuvre singulière. Par la permanence des thèmes – barques, horizons ou montagnes – liés tout autant à ses origines norvégiennes qu’à un sens dramatique de l’existence et de la mort, elle participe de la tradition romantique des peintres nordiques, par l’ascèse de l’écriture, la monumentalité des œuvres c’est à l’inverse qu’elle tend : au fait plastique pur, au caractère impersonnel des créations minimalistes. Cette rare contradiction […] situe l’œuvre d’Anna-Eva Bergman au cœur du problème le plus actuel de l’art contemporain : la relation entre la forme et le sujet qui est le débat même de toute notre modernité(59). »
Du 19 novembre au 22 décembre, exposition personnelle de peintures à la Fritz-Winter-Haus à Ahlen.

1984
Anna-Eva Bergman devient membre titulaire de l’Académie européenne des sciences, des arts et des lettres.

Exposition personnelle de peintures à la galerie MB Art à Stuttgart.

1985
Exposition de tapisseries et gravures sur bois (avec Hans Hartung et Gottfried Fabian) au musée Picasso, Antibes.

1986
Grande exposition personnelle au musée Picasso à Antibes (trente-neuf peintures de 1947 à 1983). Expositions personnelles : galerie Daniel Gervis (peintures), Paris ; Galleri Langegården (peintures et gravures sur bois), Fjøsanger et Nordens Hus, Reykjavik (gravures sur bois).

1987
Dernière série de six eaux-fortes imprimées par l’artiste sur sa presse à Antibes. Elle en cataloguera seulement quatre: G 42-1987 Montagne (249 (cat. 53)), G 43-1987 Horizon (250 (cat. 54)), G 44-1987 Océan (251 (cat. 55)), G 45-1987 Montagne (252 (cat. 56)).

249 (cat. 53)
G 42-1987 Montagne
250 (cat. 54)
G 43-1987 Horizon
251 (cat. 55)
G 44-1987 Océan
252 (cat. 56)
G 45-1987 Montagne

Exposition personnelle de peintures à la Hochschule für Angewandte Kunst à Vienne (mai-juin).

Anna-Eva Bergman décède le vendredi 24 juillet à l’hôpital de Grasse.

 

(1) Anna-Eva Bergman, entretien avec Andrea Schomburg, tapuscrit, 1985.
(2) Anna-Eva Bergman, Récit autobiographique, tapuscrit, [1941], traduction Luce Hinsch.
(3) Entretien avec Andrea Schomburg, idem.
(4) Récit autobiographique, idem.
(5) Entretien avec Andrea Schomburg.
(6) Anna-Eva Bergman réunit ses notes dans un classeur désigné dans les archives de la fondation sous le nom de carnet.
(7) «Carnet» de 1941, traduction Luce Hinsch.
(8) Entretien avec Andrea Schomburg.
(9) «Carnet» de 1950, le 1er août, traduction Luce Hinsch.
(10) Entretien avec Andrea Schomburg.
(11) «Carnet» de 1947, le 21 juillet.
(12) «Carnet»de 1946, le 18 octobre.
(13) Entretien avec Andrea Schomburg.
(14) Voyage au Nord de la Norvège, le 29 juin 1950, traduction Luce Hinsch.
(15) Tous les articles sont traduits du norvégien au français par Marie Vourch.
(16) Ces trois peintures, de grands formats au regard de sa production de l’époque, sont aujourd’hui dans les collections du Musée national d’Oslo.
(17) Harald Ruud, Verdens Gang, 22 janvier 1952, traduction Marie Vourch.
(18) «Carnet» de 1951, le 24 mars, traduction Luce Hinsch.
(19) Anna-Eva Bergman, Tysk kunst og kultur (Fragments de culture et d’art en Allemagne), Morgenbladet, 19 mai 1952, traduction Luce Hinsch.
(20) Jean Pons (1913-2005), peintre et lithographe, crée son atelier en 1938 à Montparnasse, à Paris.
(21) Entretien avec Andrea Schomburg.
(22) Dans les archives de la fondation est conservé un carnet, inventaire de ses œuvres peintes et dessinées de 1946 à 1951, Fortegnelse over malerier (registre de peintures). Ce carnet, commencé dès son retour à la peinture en 1946, est déjà riche de nombreux descriptifs pour chaque œuvre mais sans être accompagné d’une photographie comme elle le fera plus tard pour le catalogue des peintures et des estampes.
(23) Julien Clay, « Anna-Eva Bergman navigateur solitaire », XXe siècle, no 35, décembre 1970.
(24) Ole Henrik Moe, dans Anna-Eva Bergman : Liv og verk / Vie et œuvre, Oslo, Dreyer, 1990, p. 124.
(25) Michel Seuphor, « Complément à la Scandinavie, Norvège, Anna-Eva Bergman », Art d’aujourd’hui, no 1, février 1954. (26) Trente-trois gravures sur bois seront imprimées par l’artiste de 1955 à 1957.
(27) Julien Clay, op. cit..
(28) Cinq plaques transformées en peinture sont répertoriées : NA-1960 , NB-1960,  No C-1960, NF-1960, [ND-E-1960].
(29) Herta Wescher, « Les Expositions – Anna-Eva Bergman – Galerie Ariel et librairie La Hune », Cimaise, no 6, mai 1955
(30) La section norvégienne ne présente que des graveurs (vingt-sept artistes), Anna-Eva Bergman y participe avec deux gravures de 1954 : une pointe sèche et une eau-forte.
(31) Les cinq eaux fortes exposées : G 1-1953 Une forme noire, G 8-1953 Neuf formes explosives, G 10-1953 Deux stèles avec forme brune, G 19-1955 Arbre, G 20-1955 Filet ou Icare.
(32) Roger van Gindertael, « Anna-Eva Bergman – norsk konstnärinna », Konstrevy, no 5-6, 1955 (texte original de l’auteur, l’entretien avec Anna-Eva Bergman avait été coupé lors de sa première parution dans Cimaise, no 4, mars 1955).
(33) Roger van Gindertael, « Peintres et sculpteurs d’aujourd’hui - Anna-Eva Bergman », Cimaise, no 4, mars 1955.
(34) Ole Henrik Moe, Anna-Eva Bergman: Liv og verk / Vie et œuvre, Oslo, Dreyer, 1990.
(35) Gérard Patris (1931-1990), réalisateur de cinéma et de télévision, il fonde un atelier de lithographie à Paris.
(36) Entretien avec Andrea Schomburg.
(37) Dessins et notes d’Anna-Eva Bergman à la mine de plomb sur papier libre. Cette liste a probablement été faite afin de préparer sa rencontre avec Julien Clay.
(38) Les seize toiles exposées sont des grands formats de 1955 à 1957.
(39) Ole Henrik Moe, op. cit., p. 140.
(40) Erle, Anna-Eva Bergman stiller ut på begge av Seinen Malerier på Rive Droite – tresnitt på Rive Gauche (Anna Eva Bergman expose des deux côtés de la Seine Peintures Rive droite – Gravures sur bois Rive gauche) Dagbladet du 21 février 1958, traduction Marie Vourch.
(41) Michel Ragon, « Bergman », Cimaise, no 4, mars-avril 1958.
(42) Entretien avec Andrea Schomburg.
(43) Ole Henrik Moe, op. cit., p. 144.
(44) L’exposition rassemble dix-sept peintures, seize eaux-fortes et cinq gravures sur bois.
(45) Entretien avec Andrea Schomburg.
(46) Ibid.
(47) Dominique Aubier, Anna-Eva Bergman, Paris, Éditions Georges Fall, coll. « Le Musée de Poche », 1964.
(48) Interview accordée à A-magasinet, 21 avril 1979.
(49) Anna-Eva Bergman et Hans Hartung ont rencontré l’écrivain Jean Proal (1904-1969) en 1958. Voir le texte d’Anne-Marie Vidal dans le catalogue de l’exposition : Jean Proal, Anna-Eva Bergman, Hans Hartung, une amitié créatrice, 2009.
(50) Henri Baviera (né en 1934), artiste, fonde à Saint-Paul-de-Vence son atelier de lithographie, typographie et sérigraphie en 1957.
(51) L’imprimerie du compagnonnage créée à Paris en 1951 par un compagnon, Jean Bernard, est dirigée par le graveur Gérard Angiolini.
(52) Entretien avec Andrea Schomburg.
(53) Fernand Mourlot (1895-1988), lithographe, au moment où Anna-Eva Bergman travaille avec lui (de 1970 à 1972), est installé dans un atelier au pied de la Butte-aux-Cailles, rue Barrault, à Paris.
(54) Entretien avec Andrea Schomburg.
(55) Julien Clay, op. cit.
(56) Gustavo Gili (1935-2008), imprimeur et éiteur à Barcelone en Espagne.
(57) Hans Hartung a rencontré le peintre allemand Fritz Winter (1905-1976) à Paris en 1950. La Fritz-Winter-Haus a ouvert en 1976 à Ahlen (Westphalie), sous la direction de Helga Gausling. Hans Hartung et Anna-Eva Bergman y ont exposé en 1978. Et ce, semble-t-il à lire la préface, pour marquer les sept ans de cette maison-musée-galerie où fut publié – au plus tôt en septembre 1982 (lettre du 19 septembre1982 de H. Gausling à Anna-Eva Bergman) – le portefeuille de neuf estampes rassemblant des artistes ayant eu une exposition monographique à la Fritz-Winter-Haus (catalogue raisonné Hans Hartung – RMM 509).
(58) Entretien avec Andrea Schomburg.
(59) Daniel Abadie,« Anna-Eva Bergman », Galerie des Arts, no 220, décembre 1983 – janvier 1984

Anna-Eva Bergman, 1954
 
Anna-Eva Bergman chez Erker
à Saint-Gall 1974